|
En arrivant à Sainte-Philomène de Fortierville, Marie-Anne examina la nouvelle demeure que le couple devra partager avec Gédéon Gagnon et Louise Lord, parents de Télesphore; et avec elle toute sa richesse, on y retrouvait quelques couvertures, des draps, des taies d’oreillers, quelques vêtements pour elle-même et des tricots en laine blanche pour les futurs bébés; tout se trouvait |
![]() |
![]() |
dans son coffre à couvert bombé. Marie-Anne demeurait inquiète pour sa vie future dans le mariage. |
|
En décembre, Télesphore partit pour le chantier. Lors de son retour au mois d’avril, il a appris que Marie-Anne attendait son premier enfant. Quelques mois plus tard, en ce jeudi premier août mille neuf cent sept, l’heureux évènement arriva: Marie-Jeanne est née; elle fut baptisée par M. l’abbé Moreau.
|
![]() |
Fin 1908
Revenant de travailler à la construction du pont de Québec, Télesphore accompagnés d’Anthime et de Charles furent reçus par Gédéon qui leur dit «Comment ça? Mais, vous n’êtes pas dans le fin fond du fleuve, vous autres?»
-Les trois jeunes gens dirent en même temps:
-une affaire épouvantable…
-On ne reverra plus jamais ça de notre vie!
-Louise, s’écria:
-C’est le bon Dieu qui vous a sauvé la vie, vous autres!
Marie-Anne berçait le bébé tout en écoutant les trois hommes raconter l’accident qui a détruit le pont.
-Anthime dit: «c’est une fille que tu as eue, Marie-Anne?»
-Une belle fille qui s’appelle Marie-Jeanne rétorqua Louise.
Trois semaines plus tard, arrivé de bon matin, Anthime regarda le village un bon moment. Alors il entra dans l’église pour épouser Victoria Vézina.
Marie-Anne attendait son deuxième enfant pour l’année mille neuf cent neuf.
![]() |
![]() |